2 ème semaine ou l acceptation de sa vie nomade.
Depuis plusieurs jours, me voilà devenu nomade, mode de vie ancestrale fondé sur la notion de déplacement. Encore pratiqué aujourd’hui par certains peuples qui se déplacent pour subvenir aux besoins de leurs troupeaux et des leurs.
Moi je fais maintenant parti de cette nouvelle espèce un peu excentrique et majoritairement constituée d’occidentaux que sont les nomades culturels. À la recherche d’authenticité, de partage, et de découvertes, ils parcoururent la planète dans tout les sens peut-être pour en trouver un à leur vie et au monde.
Ce nouveau mode de vie implique deux contraintes essentielles. La première est évidente et est inhérente au nomadisme: se déplacer. Ce qui implique que quelque soit le temps, qu’il pleuve, qu’il vente, fasse froid ou chaud, que j’en ai l’envie ou non, je dois enfourcher mon vélo et donner les premiers coups de pédales pour briser l’inertie et avancer un peu plus à chaque tour de roue vers ma destination. Les 20 premiers kilomètres sont toujours les plus durs, mal au fesses, mal aux jambes, le sentiment de faire du sur place, jusqu’à ce que l’esprit se rende à l’évidence et se mette lui aussi à vagabonder. L’inertie du mouvement fait le reste et les kilomètres s’égrainent.
Le deuxième est consécutive à la première: vivre dehors, ce qui se traduit par subvenir à ses besoins quelque soit l’endroit où l’on se trouve. Manger est facile. La nourriture turque est variée, délicieuse, et abordable. De plus, ils mange du pain autant que les français ont la réputation d’en manger. Quant au thé, ils ne boivent que cela. Le plus petit village est donc pourvu d’une boulangerie et d’un café où les anciens sirotent çay sur çay ( prononcer tchaï) en jouant au tavla (variante du backgammon).
Se loger reste moins évident, et cela a été l’une de mes grandes préoccupations souvent bien avant le couché de soleil. À la campagne, l’accueil dans les petits villages est assez simple. Et si il arrive qu’ils tombent de nu en me voyant arriver au crépuscule sorti de nul part sous une pluie battante, l’ancestrale tradition de l’hospitalité truc héritée des peuples nomades seldjoukides fait qu’ils me trouvent toujours un petit coin de paradis pour m’accueillir comme une cabane au fond d’un jardin, un jardin d’une magnifique maison ottomane, ou le peron de l’ancienne école. En ville, je ne suis plus l’Etranger, mais un inconnu parmi les autres. De plus, mes instincts de citadin reviennent au galop et me crient de succomber aux sirènes du confort d’une douche chaude et d’un bon lit dans j e chambre d’hôtel. Mais avec un peu de persévérance, les occasions de se trouver un endroit ne manquent pas, commr la pelouse douillette d’une station service ou sur une plage bercé par le bruit des vagues. Et parfois au hasard des rencontres, la chance vous sourit. Comme a Küre où après leur avoir aimablement demandé, la police m’a trouvé une place dans un foyer étudiant, ce qui reste une soirée d’anthologie cerné par une horde d’étudiants curieux. Comme à Sinop, où après une heureuse rencontre, j’ai pu planter ma tente sur un petit terrain en plein coeur de la ville de la ville avec une vue imprenable sur les remparts de la vieille ville et la Mer Noire.
Et si, je l’ai dit, me loger fut au début une de mes principales préoccupations, j’ai fini par lâcher prise et embrasser cette vie nomade où j’ai la liberté d’ignorer de quoi demain sera fait. Et c’est maintenant bien souvent les gens rencontrés le soir, qui voyant l’heure avancer, se préoccupent de où je vais dormir.

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